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   TRADUCTION PUBLIEE

 


IVAN VIRIPAEV

Oxygène

traduction Elisa Gravelot, Tania Moguilevskaia, Gilles Morel


Extrait du texte

Composition N°1

Danses

1. couplet :
Lui. - Avez-vous entendu, ce qui a été dit aux anciens : « Tu ne tueras point ; celui qui tuera, sera jugé » ? Moi je connaissais un homme, qui était vraiment dur d'oreille. Il n'a pas entendu, quand il a été dit, tu ne tueras point, peut-être, parce que, il avait un baladeur sur les oreilles. Il n'a pas entendu le, tu ne tueras point, il prend une pelle, il va au potager et il tue. Puis il revient à la maison, pousse la musique plus fort, et commence à danser. Et cette musique était si risible, si risible que ses danses à lui sont devenues aussi risibles que la musique. Et ses épaules sont devenues risibles, et ses jambes, et les cheveux sur sa tête, et ses yeux. Les danses commencent à l'emporter, à l'emporter, et elles ont fini par l'emporter dans un pays nouveau. Dans ce pays, il n'y avait que mouvement, que danses et danses. Les danses l'emportaient, l'emportaient et elles ont fini par l'emporter si fort qu'il a décidé de rester pour toujours dans ce pays, et il a décidé, qu'il ne passerait plus une minute sans danser, qu'il ne ferait que danser et danser.

Refrain :
Et en chaque homme il y en a deux qui dansent : le droit et le gauche. Le premier danseur, c'est le droit, l'autre c'est le gauche. Deux poumons du danseur. Deux poumons. Le poumon droit et le gauche. Et en chaque homme il y en a deux qui dansent : son poumon droit et son poumon gauche. Les poumons dansent, l'homme reçoit de l'oxygène. Si on prend une pelle, et qu'on frappe l'homme sur la poitrine au niveau des poumons, alors les danses s'arrêtent. Les poumons ne dansent pas, l'oxygène n'arrive plus.

2. couplet :
Et cet homme n'avait pas de problème pour danser, mais pour entendre. Pendant qu'il dansait, ses amis sont venus chez lui en voitures, tous des bandits, comme lui. A cause des danses, il ne les a pas entendus entrer dans la maison. A cause des danses, il n'a pas entendu l'un d'eux crier : « Kesta, Saniok, putain, perdu la boule, kestafoutu, putain ?! T'as quasi coupé ta femme en morceaux, putain. Saniok, kesta, t'entends pas ? Kestafé, t'as déraillé, t'as disjoncté ? » Mais, à cause du baladeur, Saniok n'entend pas que son ami lui parle. Alors son ami, le frappe quatre fois au visage, deux fois au ventre, et une fois à la poitrine. Les danseurs dans la poitrine s'arrêtent, et Saniok tombe sur le sol en essayant, de trouver de l'oxygène avec sa bouche.

Refrain :
Et en chaque homme il y en a deux qui dansent : le droit et le gauche. Le premier danseur, c'est le droit, l'autre c'est le gauche. Deux poumons du danseur. Deux poumons. Le poumon droit et le gauche. Et en chaque homme il y en a deux qui dansent : son poumon droit et son poumon gauche. Les poumons dansent, l'homme reçoit de l'oxygène. Si on prend une pelle, et qu'on frappe l'homme sur la poitrine au niveau des poumons, alors les danses s'arrêtent. Les poumons ne dansent pas, l'oxygène n'arrive plus.

3. couplet :
Voilà que ce Saniok, est couché par terre, cherche l'oxygène avec ses lèvres, et tout à coup, il sent, que les danseurs dans sa poitrine se remettent à bouger. Alors il demande à ses amis, tous des bandits, comme lui, qu'est-ce que vous voulez. Et son ami, celui, qui l'a tabassé, répète sa question, à propos de sa femme découpée avec la pelle dans le potager. Et quand Saniok, comprend la question, comprend, ce qu'on lui demande, et ce qu'on entend par là, voilà ce qu'il répond. Il dit, qu'il a découpé sa femme avec la pelle dans le jardin, parce que, il est tombé amoureux d'une autre femme. Parce que, sa femme, avait les cheveux noirs, alors que celle, dont, il est tombé amoureux les a roux. Parce que, dans une fille aux cheveux noirs et aux doigts courts et potelés, il ne peut pas y avoir d'oxygène, alors que dans la fille aux cheveux roux, aux doigts fins, et qui porte le prénom masculin Sacha, de l'oxygène, il y en a. Et quand, il a compris, que sa femme n'est pas oxygène, alors que Sacha est oxygène, et quand il a compris, que sans oxygène on ne peut pas vivre, alors, il a pris une pelle, et a coupé les jambes des danseurs, qui dansaient dans la poitrine de sa femme.

Refrain :
Et en chaque homme il y en a deux qui dansent : le droit et le gauche. Le premier danseur, c'est le droit, l'autre c'est le gauche. Deux poumons du danseur. Deux poumons. Le poumon droit et le gauche. Et en chaque homme il y en a deux qui dansent : son poumon droit et son poumon gauche. Les poumons dansent, l'homme reçoit de l'oxygène. Si on prend une pelle, et qu'on frappe l'homme sur la poitrine au niveau des poumons, alors les danses s'arrêtent. Les poumons ne dansent pas, l'oxygène n'arrive plus.

Final :
Et dans chaque femme, il y en a deux qui dansent, et chaque femme absorbe de l'oxygène, mais toute femme ne peut pas être elle-même oxygène. Et si on dit à l'humanité « Tu ne tueras point », mais qu'on ne lui fait pas le plein d'oxygène, alors il y aura toujours un Saniok d'une petite ville de province qui, pour pouvoir respirer, pour que ses poumons dansent dans sa poitrine, prendra une pelle oxygénée, et tuera sa femme non oxygénée. Et il pourra respirer à pleins poumons. Parce que quand il a été dit « Tu ne tueras point », il avait un baladeur sur les oreilles, et les danseurs dans sa poitrine l'emportaient dans un autre pays, un pays, où il n'y a que danses et oxygène. Et celui qui lui dira « La châsse est un homme fini », sera jugé par le sanhédrin. Et celui qui dira « Il est fou », sera jugé par les flammes de la géhenne.




Les Rêves suivi de Oxygène
Collection Bleue
96 pages - prix : 8.55 euros
Date de parution : Mai 2005
ISBN 2-84681-129-6


 
viripaev



texte









Titre original Kislorod

10 compositions


Personnages

LUI
ELLE

 


vitez

Juillet (Iyoul)
texte Ivan Viripaev - 2006
traduction Tania Moguilevskaia, Gilles Morel


traduction en cours




solitaires

Genèse N°2
texte de Ivan Viripaev - 2004
traduction Tania Moguilevskaia, Gilles Morel


Collection Bleue / 64 pages
Date de parution : Juin 2007
ISBN 978-2-84681-204-7




solitaires

Les Rêves
texte de Ivan Viripaev - 2000
trad. Elisa Gravelot, Tania Moguilevskaia, Gilles Morel


Collection Bleue / 96 pages
Date de parution : Mai 2005
ISBN 2-84681-129-6




viripaev

Ivan Viripaev
auteur, acteur, metteur en scène, réalisateur
né à Irkoutsk (Sibérie) en 1974


x notice biographique




juillet

Iyoul (Juillet)
texte Ivan Viripaev
mise en scène Viktor Ryjakov - 2006


créé le 23 novembre 2006
coproduction Théâtre Praktika /
Agence "Mouvement Oxygène" Moscou




euphorie

Euphorie (Euphoria)
scénario & réalisation Ivan Viripaev
long métrage - Russie 2006 - 73 mn Couleur


Production "First Movie Partnership"
& Film Studio "2Plan2" - Moscou




genesis

Genesis N°2
de Antonina Velikanova & Ivan Viripaev
mise en scène Viktor Ryjakov - 2004


teatr.doc Moscou
Theater der Welt, Allemagn




kislorod

Kislorod (Oxygène)
de Ivan Viripaev
mise en scène Viktor Ryjakov - 2002


teatr.doc Moscou




les reves

Les Rêves
texte et mise en scène
Ivan Viripaev - 2000


festival est-ouest Die - sept 2001
Mois du théâtre russe à Paris
au Théâtre de la Cité Internationale - dec 2002




stoev

Galin Stoev
metteur en scène
né à Varna (Bulgarie) en 1969


x notice biographique




genese

Genèse N°2
de A.Velikanova & I.Viripaev TRADUCTION
mise en scène Galin Stoev - 2006


coproduction
FINGERPRINT Bruxelles
Theâtre de la Place Liège - oct 2006




oxygene

Oxygène (Kislorod)
de Ivan Viripaev TRADUCTION
mise en scène Galin Stoev - 2004


festival Passages Nancy - mai 2005
festival La mousson d'été - août 2005
festival Emulation Liège - nov 2005
festiavl NET Moscou - nov 2005




passages

Passages
9e édition du festival des théâtres
de l'est de l'Europe 2005


coordination artistique programme russe
Tania Moguilevskaia & Gilles Morel
mai 2005




moscou

Moscou sur scène
Mois du théâtre russe
à Paris 2002


coordination artistique
Tania Moguilevskaia & Gilles Morel
decembre 2002


 
le theatre russe par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel - 2006 -tous droits reserves